{"id":2532,"date":"2022-10-22T10:38:34","date_gmt":"2022-10-22T10:38:34","guid":{"rendered":"https:\/\/fernandasanchezparedes.fr\/\/\/?page_id=2532"},"modified":"2024-02-01T13:32:51","modified_gmt":"2024-02-01T13:32:51","slug":"textes","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/fernandasanchezparedes.fr\/?page_id=2532","title":{"rendered":"Textes"},"content":{"rendered":"\n<p>Le travail de Fernanda S\u00e1nchez-Paredes se structure en s\u00e9ries photographiques d\u00e9velopp\u00e9es pendant des r\u00e9sidences ou bien lors des d\u00e9placements personnels de l\u2019artiste.<br>S\u2019il n\u2019y a pas \u00e0 rechercher une uniformit\u00e9 dans les th\u00e9matiques ou les sujets trait\u00e9s, s\u2019exprime n\u00e9anmoins, dans le travail de Fernanda S\u00e1nchez-Paredes, un vif int\u00e9r\u00eat pour le paysage &#8211; tout particuli\u00e8rement le paysage fa\u00e7onn\u00e9 par la main de l\u2019homme.<br>Dans une \u00e9poque de n\u00e9o-ruralisme, Fernanda S\u00e1nchez-Paredes interroge dans ses s\u00e9ries photographiques la notion de pittoresque, le rapport \u00e0 l\u2019animal, la dichotomie entre sauvage et domestique, selon une d\u00e9marche \u00e0 mi-chemin entre la photographie documentaire et la plasticienne.<br>La relation \u00e0 la peinture caract\u00e9rise l\u2019ensemble de sa production et se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 travers un traitement singulier de la lumi\u00e8re et une approche tr\u00e8s personnelle de la composition.<br>Construisant une narration bas\u00e9e sur une cartographie personnelle, elle ne restitue pas une vision univoque du paysage, mais arr\u00eate son regard sur les d\u00e9tails, pr\u00e9caires, fragiles &#8211; relevant tant de l\u2019instant que de l\u2019observation prolong\u00e9e &#8211; et parvient \u00e0 re-enchanter ces territoires de notre environnement imm\u00e9diat.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">DEMANDER AU VENT<\/h1>\n\n\n\n<p>\u00c9milie Flory, 2022<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019aime les images sonores, presque musicales. Le silence romanesque qui pr\u00e9c\u00e8de le premier bruit lorsque la nuit s\u2019enfuit. Tel pourrait \u00eatre le d\u00e9but d\u2019une bande-son, celle des photographies de Fernanda S\u00e1nchez-Paredes dans la s\u00e9rie&nbsp;<em>Les heures bleues.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Comme une sc\u00e8ne introductive de film, le premier cadrage dit tout d\u2019une atmosph\u00e8re \u00e0 venir, premi\u00e8re vue fixe, focale r\u00e9gl\u00e9e au plus juste du premier au dernier plan du paysage&nbsp;; le regardeur attend un \u00e9l\u00e9ment qui traversera le champ. Viendra-t-il&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis le bleu profond de la terre qui se d\u00e9cline en cama\u00efeu jusqu\u2019aux cieux encore entre chien et loup, il y a le bruit imaginaire, suppos\u00e9. Le son reconnaissable d\u2019une mobylette, d\u2019un chien qui aboie, celui sourd et creux de la porte d\u2019un tracteur John Deere. Avec les premi\u00e8res notes des passereaux l\u00e8ve-t\u00f4t<sup>1<\/sup>, ils sont les premiers signes de l\u2019aube, quand \u00e9clot doucement le babil de la vie apr\u00e8s le manteau muet de la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p>Les pluies scintillent au soleil, les volutes de brumes figurent les dieux des for\u00eats et des jardins, les sillons dans les bl\u00e9s simulent les traces manuelles des g\u00e9ants, une table de ping-pong bleue esp\u00e8re le tempo des balles tandis qu\u2019un hamac improvis\u00e9 regrette le corps qu\u2019il lovait tant\u00f4t. Silence.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Demandez au vent<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Quelle feuille tombera<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>La premi\u00e8re<sup>2<\/sup><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Fernanda S\u00e1nchez-Paredes, dans cet ensemble photographique, ne se positionne pas en chanteresse de la nature mais plut\u00f4t en r\u00e9v\u00e9latrice de paysages. Celui d\u2019une imagerie collective, bucolique et enchanteur au sortir des bois, au d\u00e9tour des rivi\u00e8res mais surtout le paysage fabriqu\u00e9, structur\u00e9 tel qu\u2019il appara\u00eet ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Une nature urbanis\u00e9e ceinture d\u00e9sormais les campagnes qui retoquent le pittoresque, comme pour braver l\u2019ancien go\u00fbt amer de l\u2019exode rural et s\u2019enorgueillir fi\u00e8rement du retour \u00e0 la terre moderne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019artiste d\u00e9ploie aussi son regard&nbsp;sur la cons\u00e9quence de la pression exerc\u00e9e sur le monde rural, le clonage des lotissements et des zones d\u2019activit\u00e9s qui neutralise les espaces et les lieux. Certains lieux font signe en tant que neutre et cessent de l\u2019\u00eatre d\u00e8s lors qu\u2019une attention leur est pr\u00eat\u00e9e.<sup>3<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les heures bleues<\/em>&nbsp;nous conduisent, gr\u00e2ce \u00e0 leurs titres g\u00e9ographiquement positionn\u00e9s, \u00e0 un territoire pr\u00e9cis, entre fleuve et villages. Ici, les ponts sont marqu\u00e9s de l\u2019impact des panneaux tandis que les stigmates d\u2019une roue dessinent un serpent sur le sable de la berge. La vie est l\u00e0, dans le vert reconnaissable de la structure d\u2019une balan\u00e7oire, le voilage des potagers et des vergers, les couleurs vives d\u2019un rideau chasse-mouches.<\/p>\n\n\n\n<p>Une attentive application \u00e0 la couleur, \u00e0 la lumi\u00e8re et aux aplats est pr\u00e9sente dans son travail. Telle une peintre, Fernanda S\u00e1nchez-Paredes travaille sa palette, ses surfaces et la carence de ses noirs. Subtile, quasi invisible pour un \u0153il distrait, la douce p\u00e2leur g\u00e9n\u00e9rale de la plage color\u00e9e baigne parfois la s\u00e9rie d\u2019une d\u00e9licate irr\u00e9alit\u00e9. La photographe s\u2019amuse \u00e0 aplanir ses champs, comme une composition de carte postale, elle cadre et jouxte les plans pour ne pas hi\u00e9rarchiser ses sujets et faire \u00e9merger les lignes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la tradition de la photographie de paysage<sup>4<\/sup>&nbsp;qui endossa tr\u00e8s rapidement le r\u00f4le de r\u00e9v\u00e9lateur du r\u00e9el, Fernanda S\u00e1nchez-Paredes use de l\u2019absence et du manque pour esquisser hors-champs les personnages. Elle r\u00e9v\u00e8le dans ses clich\u00e9s les symboles universels d\u2019une adolescence qui s\u2019ennuie \u00e0 la campagne, les signes de la pr\u00e9sence des femmes et des hommes qui y vivent. Il y a pour moi, dans ce travail de va-et-vient \u2014 m\u00e9lange de photographie plasticienne et connaissance documentaire du sujet \u2014 une filiation avec la puissance et la qualit\u00e9 fictionnelles des images de Thibaut Cuisset, promenades et cheminements po\u00e9tiques souvent sans personnages.<sup>5<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p><em>(\u2026) c\u2019\u00e9tait une harpe d\u2019herbes, une harpe qui r\u00e9coltait, racontait, une harpe de voix qui se rappelait une histoire. Nous \u00e9coutions.<sup>6<\/sup>&nbsp;<\/em>Le temps pass\u00e9 sur ces routes, au milieu des champs et des harpes d\u2019herbes, suivre les lignes d\u2019eau et de macadam, entendre les voix et les jeux d\u2019enfants, regarder danser les arbres et les draps, Fernanda S\u00e1nchez-Paredes a \u00e9puis\u00e9 ces paysages avec bienveillance. Ressent-elle, au finir de son bel ouvrage, ce sentiment \u00e9trange qui m\u00eale apaisement, soulagement et \u00ab&nbsp;remplissage \u00bb, comme au retour d\u2019un lointain voyage&nbsp;?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>Insensiblement, \u00e0 mesure que la montre tissait le bruit du temps, l\u2019apr\u00e8s-midi s\u2019orientait vers le cr\u00e9puscule. Le brouillard de la rivi\u00e8re, la brume d\u2019automne laissait tra\u00eener des p\u00e2leurs lunaires parmi les arbres bleus et les arbres cuivr\u00e9s, et un halo, une image de l\u2019hiver, encerclait le soleil d\u00e9clinant.<\/em><sup>7<\/sup>&nbsp;\u00c0 l\u2019or\u00e9e de la brunante, le soir, il est heureux que les heures bleues s\u00e9vissent encore.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9milie Flory<\/p>\n\n\n\n<p>Paris, janvier 2022<\/p>\n\n\n\n<p>Notes<\/p>\n\n\n\n<ol type=\"1\">\n<li>Le rougequeue noir et le rouge-gorge sont des passereaux, ils sont les premiers oiseaux \u00e0 chanter le matin, parfois m\u00eame, avant le lever du soleil.<\/li>\n\n\n\n<li>Natsume S\u014dseki,&nbsp;<em>N\u00b02245 Meiji 43, Automne,<\/em>&nbsp;1910 in&nbsp;<em>Haikus<\/em>, Picquier poche, 2009<\/li>\n\n\n\n<li>Jean-Christophe Bailly,&nbsp;<em>Le D\u00e9paysement. Voyages en France<\/em>, \u00c9ditions du Seuil, 2011 et&nbsp;<em>France(s) territoire liquide<\/em>, \u00c9ditions du Seuil Collection Fiction &amp; Cie, 2014<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c0 lire sur le sujet, Christine Ollier,&nbsp;<em>Paysage Cosa mentale. Le renouvellement de la notion de paysage \u00e0 travers la photographie contemporaine<\/em>, \u00c9ditions Loco, 2013<\/li>\n\n\n\n<li>Photographies de Thibaut Cuisset, s\u00e9ries&nbsp;<em>Japon<\/em>, 1997&nbsp;;&nbsp;<em>Islande<\/em>, 2000&nbsp;;&nbsp;<em>Loire<\/em>, 2001&nbsp;;&nbsp;<em>Normandie<\/em>, 2006<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>6. &amp; 7. Truman Capote,&nbsp;<em>La Harpe d\u2019herbes<\/em>, 1953 [titre original&nbsp;:&nbsp;<em>The Grass Harp<\/em>, 1951]<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">LE PRESSENTIMENT D\u2019UN ORDRE<\/h1>\n\n\n\n<p>Daniel Salda\u00f1a Paris<\/p>\n\n\n\n<p>La photographie, en tant que production d\u2019images conventionnellement belles, ne m\u2019int\u00e9resse pas, ni en tant qu\u2019expression d\u2019une id\u00e9e pr\u00e9con\u00e7ue par le photographe \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire, une photographie instrumentale, absolument s\u00fbre d\u2019elle-m\u00eame. Ce qui m\u2019int\u00e9resse de la photographie c\u2019est ce qu\u2019elle tient de l\u2019essai, d\u2019une pratique \u00e0 travers laquelle une personne apprend quelque chose de nouveau sur le monde ou sur elle-m\u00eame. La photographie de Mar\u00eda Fernanda S\u00e1nchez-Paredes appartient \u00e0 ce genre de l\u2019essai. Son regard ne se compla\u00eet pas dans des lieux communs, ni n\u2019impose une conviction cherchant \u00e0 nous persuader. Chaque image nous est offerte comme le registre d\u2019une d\u00e9couverte personnelle, comme le document d\u2019une intuition localis\u00e9e. J\u2019aime penser que, lorsqu\u2019elle a pris chacune de ces photos, Mar\u00eda Fernanda trouvait, avant tout, du plaisir dans cette \u00e9motion extatique qui survient avec la compr\u00e9hension d\u2019une signification nouvelle, avec le pressentiment d\u2019un ordre. Que le registre de cet heureux processus soit partag\u00e9 avec nous sous la forme d\u2019une photo est presque secondaire.<br>Non seulement chaque photo est le t\u00e9moignage d\u2019une d\u00e9couverte, mais en plus, parmi la s\u00e9quence d\u2019images de&nbsp;<em>D\u00e9dalo<\/em>, il est possible de d\u00e9busquer un air de famille&nbsp;: ce qui y est montr\u00e9 est un certain type de d\u00e9couverte, une s\u00e9rie d\u2019intuitions li\u00e9es, en cha\u00eene.<br>L\u2019\u00e9dition est aussi importante que l\u2019instant photographique&nbsp;: elle organise les d\u00e9couvertes, elle aide \u00e0 trouver des parent\u00e9s cach\u00e9es entre elles. Il faut remercier Mar\u00eda Fernanda de ce qu\u2019elle ne tombe pas dans une \u00e9dition th\u00e9matique ou pr\u00e9visible: nous ne pouvons pas dire que nous soyons devant une photographie sur quelque chose \u2013 sur la nature ou sur l\u2019architecture, d\u2019une mani\u00e8re restrictive. Il n\u2019est pas non plus possible de cataloguer Mar\u00eda Fernanda en tant que photographe de paysage. En tout cas, s\u2019il faut que cette photographie soit sur quelque chose, elle est sur le monde et sur l\u2019histoire de l\u2019art&nbsp;: sur les clins d\u2019\u0153il que le destin semble semer petit \u00e0 petit sur notre chemin, en attendant notre ex\u00e9g\u00e8se, et sur les \u0153uvres qui, \u00e0 d\u2019autres moments de l\u2019histoire, ont affront\u00e9 un d\u00e9fi similaire de cartographier l\u2019\u00e9tonnement.<br>Parce que bien qu\u2019il ne s\u2019agisse pas d\u2019une photographie th\u00e9matique, il y a une continuit\u00e9, des questions qui r\u00e9apparaissent et d\u00e9limitent un terrain. D\u2019une part, le paysage habit\u00e9, la recherche sur ce que l\u2019\u00eatre humain fait avec la nature&nbsp;: sa mani\u00e8re de la repr\u00e9senter, de l\u2019imiter, de la cacher ou de se cacher derri\u00e8re elle. Le camouflage et le mim\u00e9tisme, l\u2019architecture comme strat\u00e9gie de dissimulation.<br>Mais, d\u2019autre part, au-del\u00e0 des id\u00e9es, il est important de signaler que dans les photos de Mar\u00eda Fernanda il y a des histoires, ou des squelettes d\u2019histoires, plut\u00f4t; des narrations absurdes, racont\u00e9es avec le minimum, presque de petits contes. Pensons au&nbsp;<em>Mus\u00e9e du Louvre I<\/em>&nbsp;(2014), o\u00f9 plusieurs touristes se retrouvent soudainement transport\u00e9s sur&nbsp;<em>Les noces de Cana<\/em>&nbsp;de V\u00e9ron\u00e8se. Ou dans&nbsp;<em>Jardin des Plantes<\/em>&nbsp;(2015), o\u00f9 nous voyons un arbuste imposant et luxuriant qui, par la gr\u00e2ce d\u2019un ruban de d\u00e9marcation policier, a un air presque suspect, comme si les plantes elles-m\u00eames \u00e9taient non la sc\u00e8ne mais les sujets impliqu\u00e9s dans un crime.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques titres de la s\u00e9rie font r\u00e9f\u00e9rence aux lieux o\u00f9, vraisemblablement, les photos furent prises. De tels toponymes tracent une carte personnelle, une sorte d\u2019atlas o\u00f9 l\u2019auteur marque, comme avec des punaises les lieux o\u00f9 elle a rep\u00e9r\u00e9 des animaux fantastiques. Seulement, en l\u2019occurrence, ces animaux sont plut\u00f4t des formes&nbsp;: des compositions pr\u00e9cises d\u00e9couvertes avec discernement. Ces compositions, \u00e0 leur tour, dialoguent ouvertement avec d\u2019autres de l\u2019histoire de l\u2019art, du cubisme analytique (<em>Toits de Paris<\/em>, qui pourrait rappeler&nbsp;<em>Maisons sur une colline<\/em>&nbsp;de Picasso, ou l\u2019une des villes de Braque), au Bauhaus (le Ch\u00e2teau de Vincennes comme \u00e9vocation du b\u00e2timent du Bauhaus de Walter Gropius \u00e0 Dessau, dont l\u2019image la plus iconique le repr\u00e9sente depuis un angle tr\u00e8s similaire), en passant par un hommage plus explicite \u00e0 l\u2019avant-garde russe, dans Zadkine. Et c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 ces r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique de certaines avant-gardes que la s\u00e9rie devient, au-del\u00e0 d\u2019une carte, une pinacoth\u00e8que personnelle.<br>D\u2019un c\u00f4t\u00e9, alors, intuition, d\u00e9couverte&nbsp;; de l\u2019autre, un clin d\u2019\u0153il \u00e0 plusieurs propositions esth\u00e9tiques-historiques qui privil\u00e9gi\u00e8rent aussi la trouvaille et le pressentiment d\u2019un ordre. Ce double terrain dans lequel elle joue donne une profondeur rare \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Mar\u00eda Fernanda S\u00e1nchez-Paredes, et la situe dans un espace diff\u00e9rent&nbsp;: non seulement on assume que la photographie soit un art contemporain, mais on assume aussi sa diff\u00e9rence par rapport \u00e0 d\u2019autres pratiques&nbsp;: elle r\u00e9side dans sa capacit\u00e9 narrative et son potentiel en tant qu\u2019outil pour penser l\u2019historicit\u00e9 des formes esth\u00e9tiques.<br><em>D\u00e9dalo<\/em>&nbsp;poursuit et radicalise une recherche qui existait dans l\u2019\u0153uvre de l\u2019artiste depuis longtemps, dans des s\u00e9ries comme&nbsp;<em>Latitudes<\/em>&nbsp;ou&nbsp;<em>Apertura<\/em>. Mais le regard a chang\u00e9 de strat\u00e9gie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9p\u00e9titions, qui construisaient un rythme visuel tr\u00e8s caract\u00e9ristique dans ces travaux-l\u00e0, nous apparaissaient d\u2019une fa\u00e7on peut-\u00eatre plus \u00e9vidente (par l\u2019usage des contrastes et le choix du format dans&nbsp;<em>Latitudes<\/em>, par une post-production plus importante dans&nbsp;<em>Apertura<\/em>), tandis que dans cette s\u00e9rie-ci, il para\u00eet y avoir une fragilit\u00e9 dans la d\u00e9couverte, comme si l\u2019artiste avait compris que ce qui importe dans une toile d\u2019araign\u00e9e est non seulement sa perfection g\u00e9om\u00e9trique, mais aussi le fait qu\u2019elle peut se briser avec le vent.<br>Cet apprentissage et cet enseignement que je trouve dans l\u2019\u0153uvre de Mar\u00eda Fernanda, et en particulier dans cette s\u00e9rie, r\u00e9veillent en moi une affinit\u00e9 esth\u00e9tique profonde et touchante. Comme registre, carte, rassemblement d\u2019histoires, pinacoth\u00e8que et catalogue d\u2019intuitions,&nbsp;<em>D\u00e9dalo<\/em>&nbsp;interpelle depuis de tr\u00e8s divers et intelligents angles celui qui regarde.<\/p>\n\n\n\n<p>Traduit de l\u2019espagnol par Saga Esed\u00edn Rojo<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le travail de Fernanda S\u00e1nchez-Paredes se structure en s\u00e9ries photographiques d\u00e9velopp\u00e9es pendant des r\u00e9sidences ou bien lors des d\u00e9placements personnels de l\u2019artiste.S\u2019il n\u2019y a pas \u00e0 rechercher une uniformit\u00e9 dans les th\u00e9matiques ou les sujets trait\u00e9s, s\u2019exprime n\u00e9anmoins, dans le travail de Fernanda S\u00e1nchez-Paredes, un vif int\u00e9r\u00eat pour le paysage &#8211; tout particuli\u00e8rement le paysage fa\u00e7onn\u00e9 par la main de l\u2019homme.Dans une \u00e9poque de n\u00e9o-ruralisme, Fernanda S\u00e1nchez-Paredes interroge dans ses s\u00e9ries photographiques la notion de pittoresque, le rapport \u00e0 l\u2019animal, la dichotomie entre sauvage et domestique, selon une d\u00e9marche \u00e0 mi-chemin entre la photographie documentaire et la plasticienne.La relation \u00e0 &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fernandasanchezparedes.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2532"}],"collection":[{"href":"https:\/\/fernandasanchezparedes.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/fernandasanchezparedes.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fernandasanchezparedes.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fernandasanchezparedes.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2532"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/fernandasanchezparedes.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2532\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3048,"href":"https:\/\/fernandasanchezparedes.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2532\/revisions\/3048"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fernandasanchezparedes.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2532"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}